LASIK MD Chirurgie des yeux au laser - L'armée des USA fournit LASIK pour des soldats de ligne de front
La lasérochirurgie, une bataille digne de l'armée
Le traitement oculaire procure un avantage aux soldats
Par Steve Vogel, rédacteur du
Washington Post
Le lundi 1er avril 2002, page A01
Le sergent Kevin Hayes repose sur le dos dans un salle d'opération circulaire au centre médical militaire Walter Reed, son œil droit grand ouvert sous un laser.
Acquired, un ordinateur relié au laser annonce d'une voix métallique que l'appareil suit la pupille du sergent.
Un instrument informatisé trace une ouverture dans la cornée. Le lieutenant-colonel Scot Bower, chirurgien militaire, appuie sur une pédale qui actionne un laser dont les rayons remodèlent la cornée en fonction de l'ordonnance du patient. Quelques minutes plus tard, le sergent, âgé de 24 ans, récupère dans une salle d'attente, quelque peu étourdi derrière ses lunettes de sécurité, mais sans plus.
L'armée perfectionne ses soldats, un œil à la fois…
Après des années de scepticisme, l'armée adopte la lasérochirurgie oculaire avec enthousiasme et dépêche des soldats, en Afghanistan et dans d'autres pays en crise, libérés du souci des lunettes embuées ou des verres de contact perdus au combat. « Dès lors, les soldats sont potentiellement meilleurs et davantage en mesure d'effectuer leur travail », affirme le lieutenant-colonel Bower, directeur de la chirurgie réfractive au centre Walter Reed, au nord-ouest de Washington.
«Ils sont améliorés, si l'on peut dire », déclare le colonel William P. Madigan Jr, chef adjoint en ophtalmologie au centre Walter Reed. Il n'y a pas 2 ans, toute personne qui aurait subi un tel procédé aurait été disqualifiée du service militaire.
Désormais, la lasérochirurgie oculaire n'est pas seulement permise, mais encouragée au sein de l'armée. Aujourd'hui, le centre Walter Reed lance un programme de chirurgie réfractive pour les soldats. Au centre et à d'autres hôpitaux militaires du pays, les chirurgiens prévoient corriger la vision de milliers de soldats au cours des prochaines années. L'armée de l'air et la marine offrent des programmes similaires.
«Le procédé est très en demande, probablement trop pour les capacités de l'armée, raconte le lieutenant-colonel Bower. »
La volte-face est survenue après qu'un comité médical du département de la défense, après analyse de plusieurs années de recherche par la marine, soit arrivé à la conclusion que les inquiétudes quant aux dommages que la lasérochirurgie peut occasionner à la structure de l'œil se soient avérées non fondées et, qu'au contraire, la chirurgie constitue une façon d'améliorer les forces combattantes. Le Congrès a conséquemment approuvé un programme de 15 000 000 $.
Les représentants de l'armée annoncent d'emblée que la lasérochirurgie est strictement volontaire. « Il ne s'agit pas d'un programme qui vise à créer un Uebermensch, déclare le colonel Madigan. »
Néanmoins, de nombreux soldats sont incités par leur supérieur à « passer au laser ». « Les commandants mesurent le potentiel que présente le procédé et désirent que leur troupe soit traitée, poursuit le lieutenant-colonel Bower. L'intervention est perçue comme un élément de préparation au combat qui accroît la qualité des forces armées. »
Les lunettes sont depuis toujours problématiques pour les soldats, surtout avec la modernité. De plus en plus, l'armée est équipée d'armes et d'appareils de pointe mal adaptés au port de lunettes. Les soldats qui en portent ont besoin de lentilles adaptées aux masques à gaz et aux lunettes anti-laser.
«Un soldat dont les lunettes sont embuées ou dont les verres de contact sont perdus n'est plus utile, explique le colonel Madigan. Il ne fait plus partie de la solution, mais du problème. »
Dans les conditions difficiles où sont déployées les troupes américaines, les verres de contact peuvent être une véritable nuisance. De nombreux soldats qui en portaient lors de la guerre du Golf ont fini par les ranger et porter des lunettes, poursuit le colonel Madigan. »
La lasérochirurgie oculaire a été approuvée par la FDA en 1995. Depuis, plus de 3 000 000 d'Américains y ont eu recours.
Le lieutenant-colonel Bower estime que l'intervention qu'il réalise sur les yeux du sergent Hayes coûte entre 2 700 et 4 500 $ en pratique privée.
Le faible pourcentage de réactions indésirables signalées (douleurs, objets entourés d'une lueur ou d'un halo et vision moins bonne qu'auparavant avec des verres correcteurs) n'a pas nuit au procédé, rapportent les représentants de l'armée.
L'inquiétude des militaires concernait principalement le LASIK (kératomileusis par laser in situ) auquel le sergent Haye a été soumis. On avait peur que le lambeau créé dans la cornée au cours du procédé ne cède en plein combat.
Dans son étude, l'armée a suivi comment les membres de la force d'élite, les Rangers, qui avaient subi le procédé se comportaient au combat. " Ils pouvaient sauter d'un avion la nuit, se battre avec une baïonnette de pratique et peiner en plein marécage pendant des semaines sans problème, de dire le colonel Madigan. Ils ont même affirmé que cela leur procurait un avantage puisqu'ils n'avaient pas peur d'avoir de la buée dans les lunettes ou de perdre leurs verres de contact. "
«L'armée a été taxée de lenteur quant à l'adoption du procédé, mais il lui fallait s'appuyer sur des faits scientifiques, explique le colonel William Rimm, chef des services d'ophtalmologie du centre Walter Reed.
Les militaires demeurent réfractaires à l'idée de soumettre les aviateurs au LASIK de peur que l'éjection ultrarapide d'un avion n'endommage le lambeau. Toutefois, des travaux de recherche se poursuivent à cet effet.
L'armée a établi des critères d'admissibilité au procédé, raconte le colonel Madigan. La priorité est accordée à l'infanterie et aux escouades spéciales, puis aux forces de combat, dont les ingénieurs de l'armée blindée, de l'artillerie et de combat. « En réalité, précise le colonel, il reviendra au commandant d'une unité de décider qui aura la priorité. »
«On estime que de 35 à 50 % des troupes ont besoin de verres correcteurs, mais l'admissibilité à la lasérochirurgie est tributaire du type de problème oculaire et d'autres facteurs médicaux. Au début, on prévoyait que peut-être 30 % des troupes admissibles opteraient pour le procédé, mais la demande semble plutôt se situer entre 70 et 80 %, de dire le colonel Rimm. »
Les soldats sont reçus en consultation avant le traitement. Si le docteur perçoit une hésitation, l'intervention est annulée. " Le soldat a toujours le dernier mot, affirme le colonel Madigan. "
Depuis son ouverture en janvier, près de 200 corrections de la vue ont été réalisées au centre de chirurgie réfractive Walter Reed. Les soldats opérés ont vanté le procédé.
«En tant que porteur de lunettes depuis la deuxième année, c'est le nirvana », déclare le sergent major de la Marine, Bob Beyer, de Woodbridge.
«Ça a pris 15 minutes, puis c'était fini et je voyais «, raconte Antoine Flowers, de l'état major spécialisé et affecté à un bataillon de contrôle de satellite à Fort Meade, lors de son rendez-vous de suivi après une semaine. « Il ne s'est pas fait mieux depuis l'invention du pain tranché. Je peux voir ! »
D'après le jeune homme, la nouvelle se répand rapidement au sein du bataillon du conté de Anne Arundel. " Quatre autres membres de mon unité veulent se soumettre au procédé. Tout le monde veut en bénéficier. "
© 2002 The Washington Post Company











